63 : Le Robinson de douze ans

L’auteur : Jeanne Sylvie Mallès de Beaulieu
Période : 19ème siècle
Le roman : Le Robinson de douze ans
1ère phrase : « Louis Francœur avait servi trente ans son pays avec honneur ; sa bravoure et sa bonne conduite lui avaient acquis l’estime de ses chefs ; sa franchise et sa gaieté l’avaient fait chérir de tous ses camarades.»
Créativ’idée : Etrange ce roman, je ne sais pas si c’est l’auteur qui l’a voulu ainsi ou l’éditeur, mais chaque chapitre est précédé des grandes lignes de ce qui va se passer. A quoi bon tout annoncer ? Plus de suspense… Dans la vie, personnellement, je préfère apprendre par moi-même chaque étape de ma vie. Et si on connaissait notre futur, ne serait-ce pas paralysant ? Tout serait tracé, pas de libre arbitre, pas de choix, brrr, ça me fait froid dans le dos 🙂 Là au contraire, il est possible de tâtonner, de se tromper, de réussir par soi-même… mais est-ce vraiment par nous-mêmes, n’y a-t-il pas quelque part une feuille de route que nous suivons malgré nous ? 🙂

62 : La ferme à Goron

L’auteur : Henri Beauclair
Période : 19ème siècle
Le roman : La ferme à Goron
1ère phrase : « Comme Cyrille Goron se promenait sur la berge, un homme passa qui lui tendit la main: –En v’là, un brouillard! Si c’était comme ça du côté d’Harfleur, y’a eu du mal à entrer dans la passe! C’est pas étonnant que l’Éclair soit en retard. V’là plus d’une heure que je l’attends!»
Créativ’idée : C’est amusant que dans mon précédent message, je parle de patience et ici encore l’auteur nous demande d’attendre. Nous voilà dans le brouillard. Un moment d’attente pour mieux rebondir. Parfois il faut juste savoir attendre et méditer.

61 : Le blé qui lève

L’auteur : René Bazin
Période : 20ème siècle
Le roman : Le blé qui lève
1ère phrase : « Le soleil déclinait. Le vent d’est mouillait la crête des mottes, activait la moisissure des feuilles tombées, et couvrait les troncs d’arbres, les baliveaux, les herbes sans jeunesse et molles depuis l’automne, d’un vernis résistant comme celui que les marées soufflent sur les falaises.»
Créativ’idée : Le blé qui lève demande, comme toute plante, de la patience pour grandir. Comme lui, nous devons développer notre patience car rien ne s’acquiert en un claquement de doigts en matière de leçon de vie. Patience dans les apprentissages et parfois l’impression de tourner en rond, mais cela fait partie de l’apprentissage.

60 : Nouveaux contes pour les enfants

L’auteur : Alexandrine-Sophie de Bawr
Période : 19ème siècle
Le roman : Nouveaux contes pour les enfants
1ère phrase : « Il était sept heures du matin, et le jour paraissait depuis peu; car on était au mois d’octobre.»
Créativ’idée : Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt et à ceux qui entreprennent. Tel serait le résumé du premier conte de ce recueil. Encore des contes, encore pour les enfants, éh oui, à croire que le 19ème aimait aussi encourager les petites têtes blondes. Bien que cette histoire montre comment un petit garçon réussit sa vie à force de dur labeur, je retiendrai un seul point : toujours croire en soi et en sa bonne étoile, toute rencontre toute épreuve n’est jamais due au hasard, elle est juste là pour nous apprendre quelque chose, à nous de savoir décrypter cette leçon et de nous en servir.

59 : Le spleen de Paris

L’auteur : Charles Baudelaire
Période : 19ème siècle
Le roman : Le spleen de Paris
1ère phrase : « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu’il n’a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture ; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d’une intrigue superflue.»
Créativ’idée : Une fois de plus, je triche. Ce n’est pas la première phrase mais les trois premières phrases que je partage avec vous car il est vrai dans la lecture, la plus grande liberté est de pouvoir s’arrêter où l’on veut et même au milieu d’une phrase, dingos que nous sommes 🙂 La liberté d’annoter le livre, de corner une page, tout est possible, les mots deviennent nôtres et nous espérons parfois pouvoir partager ce que nous avons ressenti lors de la lecture avec d’autres. Un univers s’ouvre avec chaque livre.

58 : Beauté et bonté

L’auteur : Anaïs, Comtesse de Bassanville
Période : 19ème siècle
Le roman : Beauté et bonté
1ère phrase : « On était au mois de mai, et il faisait une de ces joyeuses journées de printemps pendant lesquelles Paris commence à se dépeupler, tant tout ce qui n’est pas condamné à la capitale à perpétuité a hâte d’aller jouir de cette belle et fraîche verdure qui, chez nous, vient si tard et dure si peu.»
Créativ’idée : Cette image allie à mes yeux les deux mots du titre, la beauté du ciel et j’ai vu dans les nuages roses barbe à papa l’idée de la bonté, celle qui est si douce quand on la rencontre. Être doux pour autrui, apporter le bien autour de soi, n’est-ce pas une bonne habitude à prendre ? Est-il vraiment nécessaire de continuer à écouter un ego avare de bons conseils ?

57 : Peter Pan dans les Jardins de Kensington

L’auteur : J.M. Barrie
Période : 19ème siècle
Le roman : Piter Pan dans les Jardins de Kensington
1ère phrase : « Vous verrez par vous-mêmes qu’il vous sera difficile de suivre les aventures de Piter Pan si vous n’êtes pas familiers avec les Jardins de Kensington»
Créativ’idée : Une prairie (celle évoquant les Jardins de Kensington à Londres), des nuages un peu soufflés par le vent, pour évoquer la possibilité qu’a Peter Pan à voler. Le titre original est avec Peter écrit Piter. Il y a sûrement une raison, mais cela me donne l’occasion de nous montrer que notre cerveau buggue quand il voit écrit Piter avec un i. Pourtant un i n’est qu’une toute petite lettre, un segment avec un point au-dessus de sa tête et pourtant une seule lettre vous manque et le mot est comme déformé. Notre cerveau s’habitue aux choses. Et si pour transformer nos vies, nous l’habituions progressivement à d’autres choses, alors il bugguera au début, mais il finira par s’habituer : tout est question de douceur et de persévérance.

56 : Un jardin sur l’Oronte

L’auteur : Maurice Barrès
Période : 20ème siècle
Le roman : Un jardin sur l’Oronte
1ère phrase : « À la fin d’une brûlante journée de juin 1914, j’étais assis au bord de l’Oronte dans un petit café de l’antique Hamah, en Syrie.»
Créativ’idée : Le narrateur se souvient au cours des premières pages de l’un de ses voyages en Syrie comme d’un trésor dans sa mémoire. Quoi de mieux que de se souvenir des petites pépites glanées au fil des ans et qui sont là pour nous rappeler et nous porter à toujours ouvrir nos yeux pour profiter du moment présent et en chercher la pépite cachée, celle qui fera que cet instant demeurera gravé dans notre mémoire. Chercheur de pépites de vie, quelle belle mission !

55 : Bluette et coquelicot

L’auteur : Maurice Barr
Période : 19ème siècle
Le roman : Bluette et coquelicot
1ère phrase : « Au milieu d’un beau champ de blé jaune comme l’or, s’épanouissaient au soleil d’été la petite Bluette et le large Coquelicot.»
Créativ’idée : Le petit texte accompagnant le titre était « Petit conte instructif pour les enfants ». Deux fleurs qui discutent : une bluette et un coquelicot malheureux de leur sort et qui vont faire un grand périple grâce à la Fée. De quoi donner de nombreux exemples pour instruire les enfants. Mes enfants sont grands maintenant et bien que certaines belles histoires avec belle morale intégrée soient toujours bonnes à prendre. La société actuelle a tellement progressé que le petit conte instructif pour les enfants est plutôt celui que nous vivons au quotidien avec eux, les petites leçons du quotidien, les moments partagés plutôt que les grandes leçons un peu vagues et trop éloignées de ce qu’ils vivent.